Message
de 
Mgr Ignazio CeffaliA
Chargé d'affaires du Mission permanente du Saint Siège auprès du Conseil de l'Europe  


Commentaires sur les élections européennes :

Message aux Représentants des ONG d’inspiration catholique dotées du statut participatif auprès du Conseil de l’Europe, Strasbourg 9 avril 2014

Chers amis,

Je tiens d’abord à remercier Monsieur Daniel Guéry pour l’invitation qui m’a été faite à participer à cette réunion, que j’ai acceptée avec le plus grand plaisir.

Ce n’est pas mon intention de vous ennuyer avec une conférence ou un sermon, peut-être y aura-t-il d’autres occasions pour cela. Ce soir, je veux juste confirmer le désir de notre Mission Permanente de poursuivre à l’avenir notre collaboration qui dans le passé a apporté tant de bons fruits. Je pense et crois fermement que l’unité des buts et des actions communes dans certains domaines peut aboutir à des résultats positifs.

Tout d’abord, je voudrais souligner que nous sommes appelés à rendre témoignage de notre foi. Ce que nous croyons avec notre cœur nous devons le témoigner avec notre bouche et, surtout, dans notre vie de tous les jours. Il en va de notre crédibilité de chrétiens et, pas en dernier lieu, de l’Eglise elle-même.

À cet égard, je tiens à souligner que chacun d’entre nous ici présent est informé et bien conscient que nous vivons un moment historique particulier, où la crise économique, sociale, politique et des valeurs se poursuit sans relâche, créant ainsi de graves difficultés et menaçant sérieusement la société européenne. Il semble que tout change pour le pire, les démocraties s’affaiblissent, l’institution de la famille traditionnelle est mise en danger en raison des idéologies et des politiques d’Etat qui visent à reconnaitre de nouveaux droits et de nouvelles formes d’union qui bouleversent l’ordre naturel, menacent gravement les fondements de la société ainsi que les valeurs traditionnelles. Les dangereuses dérives libérales et ultra-progressistes continuent à avancer. Elles sont mises en avant, en particulier, par plusieurs ONG, des associations et des gouvernements. Les pays qui défendent les valeurs chrétiennes et universelles sont malheureusement toujours moins nombreux.  

Ceux-ci ne sont que quelques-uns des défis auxquels nous sommes confrontés et que nous devons relever en réunissant nos forces. Certes, chaque organisation que vous représentez ici a sa propre spécificité. Néanmoins, lorsque chacun veut être “porteur de sa propre vérité subjective” l’on court le risque d’entraver “la participation à un projet commun qui aille au-delà des intérêts et des désirs personnels” (Evangelii gaudium, 61). Cela limite notre potentiel (ce potentiel que nous avons seulement si nous restons unis et bien coordonnés) à influencer positivement la société et le cours de l’Histoire.

Nous ne devons pas oublier que “nous appartenons tous à l’Eglise, comme un ensemble, avec sa riche variété…et non pas à tel ou tel groupe qui se sent différent ou spécial” (Evangelii gaudium, 98). A ce propos, le Pape François nous invite à être “pèlerins de la foi, heureux de porter Jésus dans chaque rue, sur chaque place, dans chaque coin de la terre ! (Evangelii gaudium, 106). Encore, le Saint-Père nous rappelle que “Les défis existent pour être relevés. Soyons réalistes, mais sans perdre la joie, l’audace et le dévouement plein d’espérance !” (Evangelii gaudium, 109).

Je vous remercie et vous souhaite un excellent travail à toutes et à tous.

Mgr Ignazio Ceffalia, Chargé d’Affaires a.i.
Mission Permanente du Saint-Siège auprès du Conseil de l’Europe